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                                                                                     13 juin 2017

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AMÉNAGEMENT. CES BANDES QUI RENDENT BIEN SERVICE

Miscanthus, Switch Grass, saules exploités en taillis à très courte rotation (TTCR), quels couverts choisir pour lutter contre l’érosion et améliorer la biodiversité sur une exploitation ?

Les bandes ligno-cellulosiques (BLC), qu’est- ce que c’est ? Ce sont ces cultures de plantes pérennes que l’on installe pour une durée comprise entre quinze et vingt ans et que l’on exploite de différentes manières. Il s’agit des cultures d’herbe, de saules ou peupliers en TTCR, de Switch Grass ou encore de miscanthus.

Plantées en bande ou en plein champ, ces BLC ont une capacité à se développer très rapidement et offrent une importante production de biomasse qui peut ensuite être valorisée en paillage, litière, combustible… Face au manque de biodiversité sur son parcellaire, et en proie à des problèmes d’érosion, la Ferme du Tors, dans le Pays de Caux, a implanté quatre types de couverts sur environ 80 hectares. À l’occasion d’une journée de restitution du programme Agri- faune 76, Grégoire et Ludovic Dufour ont ouvert leurs parcelles à trois partenaires et pres- tataires (Chambre d’agriculture, Novabiom, Seed Energies), chacun présentant sa solution pour un couvert aux multiples usages.

Le switch grass, importé des États-unis

Le Switch Grass est une graminée pérenne utilisée historiquement comme fourrage, et depuis plus récemment comme source de biomasse énergétique. En Afrique du Nord, des tests pourraient être prochainement conduits pour évaluer la capacité du Switch Grass à lutter contre l’érosion et le traitement de sols pollués. Le Switch Grass est « peu exigeant, selon Seed Energies, mais il préfère les sols légers et bien drainés, de type sableux et limoneux ». Les semis s’effectuent de mai à juillet et sont fonction de la température du sol, comme de sa préparation. Le prix de la semence varie entre 30 et 65 euros. L’organisation et le coût du chantier sont comparables à un chantier d’implantation de prairies ou de céréales.

Pour s’assurer d’une récolte de qualité, le lit de semences doit être bien rappuyé et régulier pour une profondeur d’environ un à deux centimètres. La densité de semis varie entre cinq et huit kilos par hectare pour un objectif de couvert faunistique ; davantage si l’on souhaite une valorisation en biomasse (8 à 12 kilos/hectare). La récolte de paille s’effectue entre février et mars, tandis que celle de foin aura lieu en Juin-Juillet.

Le saule en TTCR

Implantées perpendiculairement aux ruissellements ou en bas de parcelles, des bandes de saules vont favoriser l’infiltration de l’eau dans le sol, ou retenir les sédiments, comme des aménagements d’hydraulique douce. En fonction de l’efficacité recherchée, la densité de plantation varie de 12 500 plants par hectare sur deux doubles rangs espacés d’1,5 mètre contre un ruissellement diffus, contre une densité de 10 000 pieds par hectare sur deux simples rangs espacés de 2,5 à 3 mètres pour lutter contre un ruissellement concentré. L’efficacité d’une culture de saules en TTCR aurait une capa- cité d’infiltration de 1,3 à 1,5 fois plus importante que celle d’une bande enherbée. L’implantation des saules s’effectue entre mars et mai dans une parcelle propre et bien préparée, à partir de boutures. La croissance de la plante ne nécessite aucune fertilisation pendant le cycle de végétation.

Le saule est récolté tous les trois ans, en période hivernale, avec différents outils : à la tête d’ensilage, en tige entière ou au biobaler. Lors de la première récolte, on estime un rendement en matière sèche de huit à dix tonnes par hectare ; puis un rendement compris entre dix et quinze tonnes par hectare lors des récoltes suivantes. Les débouchés du saule récolté en TTCR sont aussi très variés : énergie, paillage horticole ou litière ani- male. Le coût d’implantation est d’environ 2 100 euros par hectare, comprenant les boutures, la mécanisation du chantier et la main-d’œuvre. Le coût de récolte s’élève quant à lui à environ 600 euros par hectare et par an. Ainsi, « compte tenu du prix de vente actuel, du marché et de la filière existante, l’estimation de la marge brute à l’hectare est de 400 à 500 euros par hectare », explique Bastien Langlois, conseiller Biomasse à la Chambre d’agriculture de Seine-Maritime.

 

Le miscanthus, le plus connu

Spécialisée dans la promotion et l’implantation du miscanthus depuis 2006, la société Nova biom revendique en avoir d’ores et déjà implanté plus de 2000 hectares à travers la France. Le miscanthus est une plante à rhizomes, « non invasive » précise Caroline Wa thy (Nova biom) qui s’implante à une profondeur de 20 centimètres, « pour au moins vingt ans ». La plantation des rhizomes qui s’effectue en avril-mai à raison de deux pieds au mètre carré est réversible puisqu’il suffira d’un outil à dents pour les sortir de terre. L’une des premières fonc- tions du miscanthus est de créer un effet « bordure » et d’agir comme un élément fixe dans le paysage. Les bandes ainsi créées vont servir de couvert, offrir des couloirs de circulation à la faune sauvage et des zones de refuge.

Elles se récoltent une fois par an, autour de 15 % d’humidité, avec une ensileuse. « La plantation d’une parcelle de miscanthus garantit un espace couvert, sans labour et sans phytos, pendant toute la durée de la culture », rappelle Caroline Wathy. Une fois récolté, le miscanthus peut servir de combustible avec un rendement de 15 à 25 tonnes de biomasse récoltées par an. Son pouvoir calorifique est par ailleurs estimé autour de 4,2 MWh/t.

Ainsi, selon Nova biom, un hectare de miscanthus récolté à 17 % d’humidité équivaut à 7 000 litres de fioul. Intégré à la ration alimentaire du troupeau bovin, il permet d’améliorer la rumination. En élevage avicole ou équin, il peut être utilisé également comme litière grâce à son pouvoir absor- bant et ses caractéristiques phy- siques. Enfin, au jardin, le mis- canthus est utilisé comme paillage « naturel et écologique ». À chacun ensuite de choisir son couvert en fonction des utilisations recherchées, du type de sol et du rendement espéré.

Vincent Fermon

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